Prologue.
Comment as-tu pu ? Ca restera toujours un mystère pour moi. Tout ce que je sais, c'est que je suis là, à genoux sur cette pierre grise et froide, la tachant de mes larmes salées. Seule. Dis-moi, as-tu pensé aux conséquences ? As-tu une seule seconde pensé à tous ceux que tu laissé derrière toi ? As-tu une seule seconde pensé à moi...
Je pense que non. Mais après tout, qui suis-je pour toi maintenant ? Qu'étais-je plutôt...A cette pensée, une autre larme tombe bruyamment sur le marbre. Comment une seule goutte peux-t-elle faire autant de bruit ?
Je viens de comprendre, en sentant mes vêtements devenir pesant, et mes cheveux se collés sur mon crâne. Il pleut.
Des flash-back de toi et moi me revienne. Toi, dansant sous la pluie, et moi, sous la véranda, à te crier de rentrée, pour ne pas tomber malade. La vérité est que j'avais une trouille monstre de la pluie. Je ne sais pas pourquoi, mais de te voir là, à la merci de toute cette eau, me paniqué. Je ne t'en ai jamais rien dit, mais tu le savais bien. Et tu n'as jamais rien dit.
D'habitude, tu rentrais, mais cette fois-ci, tu n'as pas voulu. Je me souviens exactement de ce que tu as fait. Tu m'as rejointe, dégoulinant, et tu m'as fait fermer les yeux. J'été morte de peur, je te connaissais bien, à l'époque. Mais pourtant, je t'ai fait confiance, et je me suis laissé faire. Tu m'a fais avancer de quelque pas, et j'ai senti de l'eau me tomber sur les cheveux, et trempé mes habits. Mon premier reflexe à été de reculé, mais tu m'as maintenu avec tendresse mais néanmoins avec force sur place. J'étais à deux doigt de pleurer, mais je me suis efforcé de n'en rien faire, et j'ai fermé encore plus fort les yeux, jusqu'à ce que ca me fasse mal, et que j'en ai des bourdonnements dans les oreilles. Puis, petit à petit, je me suis détendu. Tout compte fait, la sensation n'était pas désagréable. Je me concentrais sur chaque goutte d'eau roulant sur mon corps, celle dans mes cheveux qui me chatouillait mon crane.
Puis, presque brutalement, j'ai ouvert les yeux. Je voulais te voir, que tu partage avec moi cette merveilleuse sensation. Tu étais face à moi, tu tenais ma main dans la tienne, et tu me regardais. Je me suis retrouvé face à face avec tes prunelles bleu clair, comme dans certaine îles tropicales que l'on voit en vue aérienne sur des photos. Autour, la mer est bleu très clair. Et puis, au fur et à mesure que l'eau devient profonde, le bleu s'obscurcit. Toi, tes yeux, ils étaient comme le bord, le moins profond. Je me suis retrouvé face à face avec tes prunelles, et là, je ne sais pas ce qu'il m'a pris. J'ai sans le vouloir eu la respiration coupé, et pourtant mon c½ur battait tellement fort que j'avais l'impression qu'il allait déchirée ma poitrine. S'il n'avait pas tant plu, je suis sur que mes mains seraient devenus moite. Pourtant, je les connaissais bien, ces prunelles. Tu étais mon meilleur ami depuis toujours, on faisait toujours tout ensemble, jamais l'un sans l'autre. Je te racontais tout, je suis certaine que même mon journal intime n'en savait pas autant. Beaucoup disais qu'à l'adolescence, au collège, tout allait changer. Mais rien n'a changé.
Tes cheveux blond frisés était lisse à cause du poids de la pluie, et se plaquait contre ton visage. Tu étais beau. Incroyablement beau. Je ne m'étais jamais rendu compte à quel point tu l'étais devenu. Il faut dire que tu ne me parlais jamais de toutes ses filles qui te couraient après. A vrai dire, j'ai l'impression que dans notre amitié, rien n'a jamais étais équitable. Il ne faut pas non plus dire que je ne t'écoutais pas, mais tu ne parlais pas beaucoup. Et puis, on n'avait pas besoin de mot. On se comprenait toujours, sans parler.
C'est peut-être pour ca, que ce jour si, sans parler, tu m'as embrassé.
Cette fois, ce n'est pas qu'une seule larme qui tombe. Ce sont plusieurs grosses gouttes salées, qui se confondent avec la pluie sur mon visage sale. Qui naisse ensemble de mes yeux, avant de se séparé pour parcourir un bout de chemin toute seule, mais pour mieux se rejoindre, se mêlé, et ne former qu'une, pour finir leurs chemins ensemble. Ensemble jusqu'à la fin. Pendant longtemps, j'ai cru que nous ferions pareil. Comme ses larmes. Mais tu en as décidée autrement, et nos chemins sont resté parallèles...